“Dark Ecology” et déchets nucléaires

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Emmanuel Ducourneau, doctorant en anthropologie et en innovation durable à l’Université Côte d’Azur (UCA) et chargé de recherche pour la maison Hermès, a organisé un atelier à The Sustainable Design School (The SDS) pour les étudiants de 3ème, 4ème et 5ème année. Il s’agissait d’une introduction à la dark ecology, un concept proposé en 2016 par Timothy Morton, professeur à la Rice University de Houston, dans le but de transmettre aux étudiants de nouveaux outils pour penser différemment les problématiques liées aux déchets nucléaires, magistralement mises en perspective dans le documentaire « Into Eternity » réalisé par le Danois Michael Madsen en 2010.

Black is the new green1. Dans un premier temps, il s’agissait de définir le concept de la dark ecology. Cette notion s’inscrit dans le mouvement transdisciplinaire 000 (Object-Oriented Ontology) fondé en 1999 par le philosophe américain Graham Harman où l’objet n’est pas saisi comme une entité captive de l’existence humaine, mais bien comme une entité autonome avec laquelle l’être humain est intimement lié. Cette nouvelle pensée écologique de l’anthropocène, terme de chronologie géologique proposé pour caractériser l’époque de l’histoire de la Terre qui a débuté lorsque les activités humaines ont eu un impact significatif sur l’ensemble des écosystèmes, bouleverse la place de l’être humain dans la biosphère. Le designer a pour habitude de dire que l’humain est au centre de ses préoccupations ; le designer en innovation durable prendra l’habitude de dire que l’humain est au cœur de ses préoccupations. L’être humain est pris dans un « mesh of interconnection without a definite center or edge » (Morton, 2012 : 8). « All life forms are interconnected. We share our DNA with chimps (98%) but also with daffodils (35%). We drive cars that burn crushed dinosaurs. The oxygen we breathe is the excretion of the most ancient bacteria » (Morton, 2010). La dark ecology invite le designer en innovation durable à explorer les profondeurs de nos relations avec les objets pour surmonter les difficultés imposées par l’anthropocentrisme moderne.

« Au fond de la nature pousse une végétation obscure ; dans la nuit de la matière fleurissent des fleurs noires » (Bachelard, 1942 : 3).

Dans un deuxième temps, les étudiants ont visionné le documentaire « Into Eternity » réalisé par Michael Madsen en 2010. S’adressant aux générations futures, ce documentaire dévoile le projet finlandais Onkalo (cachette). Il s’agit d’une infrastructure souterraine « pharaonique » qui propose une solution permanente au problème des déchets nucléaires de haute activité (HA) et ceux à moyenne activité et vie longue (MAVL). Le documentaire interroge notre capacité à appréhender la persistance de phénomènes sur des centaines de milliers d’années. Bien que les conditions géologiques souterraines semblent stables (prévisibles), les conditions à la surface de la Terre suivront une trajectoire erratique (imprévisible). Ce contraste entre ces deux échelles de temps entremêlées autour d’une lame de 500 mètres de granite est poétiquement illustré dans le court-métrage « Das Rad » réalisé par Christ Stenner, Arvid Uibel et Heidi Wittlinger à la Filmakademie de Ludwigsburg en 2003. Ce film d’animation interroge le spectateur sur le développement de l’humanité vu par deux ensembles rocheux animés, en changeant régulièrement de perspective. À l’échelle géologique, l’essor de l’humanité tient d’une « small talk2 » entre les personnages de pierre alors qu’à l’échelle humaine, les deux amis paraissent des entités inanimées. Pour surmonter la problématique des déchets nucléaires, le designer en innovation durable doit envisager sérieusement le minéral comme une forme de vie avec la laquelle il coexiste, puis doit essayer d’adopter son échelle spatiotemporelle pour se projeter dans l’avenir.

Revenons un instant sur les origines de ces déchets nucléaires. La découverte du radium par Marie Curie en 1898 marque l’entrée de l’Homme moderne dans une nouvelle ère, celle de la radioactivité. Dès le début du 20ème siècle, le radium s’est retrouvé au cœur des objets de consommation courante ; des aiguilles de montres phosphorescentes aux sous-vêtements radioactifs, des produits pharmaceutiques anti-inflammatoires aux eaux minérales curatives, des crèmes de beauté matifiantes aux cigarettes délassantes (Cosset, Huynh, 2011). L’agent radium va doter ces objets de différents pouvoirs dont certains se sont avérés être dangereux pour l’Homme. Bien que le radium ait été abandonné pour des raisons de radioprotection en 1976, nous restons exposés aux « monstres3 », directement ou indirectement.

Directement. L’être humain poursuit sa cohabitation avec ces entités lorsqu’il doit subir une radiothérapie, lorsqu’il consomme des légumes dont la croissance a été stimulée par des engrais phosphatés extraits de roches qui contiennent de l’uranium et du polonium4, ou lorsqu’il consomme des champignons peuplés par des « billes » de césium issues du nuage de Chernobyl5. Bien que le radium ait été abandonné, des entités radiotoxiques telles que le prométhéum et le tritium sont toujours présents dans certains instruments horlogers6, rappelant ainsi que substances radioactives et temps sont deux agents intimement liés.

Indirectement. La production des objets de consommation courante nécessite de l’énergie. En France, cette énergie est essentiellement d’origine nucléaire, génératrice d’un nouveau type d’entité radioactive : les déchets nucléaires. Alors que la COP21 sonne le retrait progressif des énergies fossiles au profit des énergies renouvelables, elle annonce en premier lieu le développement massif de l’industrie nucléaire7. La gestion des déchets radioactifs est l’ « hyperproblématique » de ces 1000 prochains siècles.

Ce changement de paradigme nous invite à penser les effets des substances radioactives à des échelles spatiotemporelles qui dépassent l’entendement de l’être humain. L’ « agentivité » de l’entité radioactive, c’est-à-dire sa capacité d’action, n’est plus immédiate et localisée, mais massivement distribuée dans le temps et dans l’espace. Les effets ne sont plus dirigés sur l’individu à l’échelle de la vie de cet individu, mais dirigés sur l’ « Homme Nouveau » (anthropocène : anthropos-kainos) à l’échelle de la vie de l’espèce humaine. L’Homme n’est plus une entité qui a un rapport paysagé avec la Terre, mais une entité distribuée qui a une relation satellitaire avec la planète. L’être humain n’est pas qu’un individu8 (Morin, 2015), il n’est plus une entité isolée percevant l’horizon d’un monde lointain, mais une entité prise dans une « murmuration9 » d’autres entités semblables à lui-même, un superorganisme regardant vers les étoiles pourvu de supers pouvoirs « with billions of hands that are turning billions of ignitions in billions of starting engines every few minutes » (Morton, 2016 : 35), capable de terraformer la planète. Les déchets nucléaires comptent parmi les rejets générés par cette super forme de vie invisible vue de la Terre, évidente vue de la Station Spatiale Internationale (SSI).

Maintenant que le décor est posé, examinons certaines propositions faites par les étudiants en seulement 90 minutes de travail.

Le problème semble insurmontable. Le designer en innovation durable est un « optimiste tragique10 », il demeure optimiste en dépit des problématiques géologiques, logistiques, chronologiques, économiques, scientifiques et historiques difficiles. Il est capable de s’arracher de ses positions morales, éthiques et politiques pour être force de proposition. Les déchets nucléaires sont là hic et nunc, l’Homme doit faire en sorte que cette cohabitation se passe pour le mieux, et ce pour les 100000 années à venir. C’est une opportunité de « revive and restore the whole idea of the Future, to get us thinking about the Future again11 » (Chabon, 2006).

L’Homme coexiste avec un certain nombre d’entités non humaines. Les étudiants ont souhaité exposer au grand jour cette coexistence en réfléchissant à une campagne de communication qui s’inspirerait de la publicité obscène et ironique pour les yaourts Madone, créée par Octave, personnage du film joué par Jean Dujardin dans le film 99 francs de Jan Kounen (2007). Cette campagne de communication sur les déchets nucléaires serait portée par les acteurs de la mode, de l’art et du design, et mettrait en scène le fait que l’être humain boit du polytéréphtalate d’éthylène (PET) lorsqu’il consomme de l’eau minérale en bouteille, il mange du césium lorsqu’il consomme certains champignons, il inhale des oxydes d’azote lorsqu’il se promène en ville. L’être humain coexiste en permanence avec des entités qui interagissent avec d’autres entités qui peuplent son corps et son milieu. Il devient inutile d’avoir « recours aux forêts » (Onfray, 2009) pour échapper aux entités invisibles que l’Homme stimule par ses activités quotidiennes ou de combattre à coups de dispositifs géophysiques ces êtres qui n’ont pas encore déclaré la guerre. Pour le consommateur, il s’agirait plutôt de pacter avec ces « strange strangers » (Morton) ou ces « arrivants12 » (Derrida) pour imaginer une cohabitation positive avec eux. Pour le designer en innovation durable, il porterait la responsabilité politique d’anticiper ces flux migratoires, et devrait se positionner comme le porte parole d’une « democracy of things » (Bryant, 2011) et comme l’initiateur d’un « parlement des choses » (Latour, 1994) où chaque entité aurait sa place dans la vie sociale et politique de la nouvelle cité (Benett, 2013), ou du moins dans l’espace-temps de l’innovation.

Quelque part sur le golfe de La Napoule, une fouille archéologique met au jour des ossements aux formes étranges. Il ne s’agit pas d’une nouvelle campagne de publicité organisée pour le lancement de la prochaine saison de Game of Thrones, ni des vestiges d’une « strandbeest » (créature de plage) inventée par l’artiste cinétique Theo Jansen, mais d’une campagne de communication créée par un collectif d’artistes et scientifiques niçois appartenant à la ComUE UCA. Des images de synthèse révèlent un « mégaorganisme » étendu à la planète entière : l’ « anthropos ». Anthropologues, paléontologues, biologistes, dendrochronologues, sismologues, climatologues, démographes, modeleurs 3D et artistes unissent leurs efforts pour révéler l’existence d’une « hyperentité13 », d’un être mondialisé producteur de déjections radioactives : les déchets nucléaires. Cette proposition met en lumière la conduite actuelle doublement paradoxale des projets relatifs aux déchets nucléaires. Anthropos étant une entité mondialisée, la gestion de ses déjections ne peut être gérée que par quelques spécialistes. Anthropos étant une entité présente hic et nunc, la dangerosité de ses déjections doit sortir des murs des institutions spécialisées. La gestion des déchets radioactifs doit être inscrite dans un projet pédagogique international et interdisciplinaire, et doit être réfléchie collégialement.

Les Expositions Universelles et les Expositions Internationales Spécialisées sont des événements internationaux qui ont pour ambition d’ « éduquer le public, partager l’innovation, promouvoir le progrès et stimuler le dialogue14 ». Les thématiques en relation avec l’innovation durable émergent. Ce fut le cas pour l’Expo Yeosu 2012 qui porta sur la protection de l’océan, et l’Expo Astana 2017 mettra en avant les énergies renouvelables. Au cours de cet atelier, les étudiants ont imaginé une Exposition Universelle mondialisée ayant pour thématique le pouvoir des entités non humaines. L’Expo souhaite réserver une place importante au devenir des déchets nucléaires puisqu’il s’agit d’un enjeu important pour l’avenir de l’humanité. Chaque nation ferait construire un monument appelé « le dôme », une construction pérenne qui abriterait une part des déchets nucléaires. Chaque visiteur se verrait attribuer un badge interactif recelant une entité radioactive microscopique. Aux abords du dôme, l’objet viendrait activer un ensemble de capteurs chargés de numériser les pèlerins, et un dispositif de projection holographique s’occuperait de diffuser une image dynamique de l’individu selon un algorithme qui viendrait simuler les effets de la radioactivité sur un être humain ou sur son animal de compagnie. Il n’est pas improbable que des mouvements culturels émergent ce cette Expo et que certains « dômistes » créent des mises en scène sacrificielles en exposant directement des animaux ou des objets aux substances radioactives ou que certains artistes appartenant au mouvement du « dômisme » envisagent de s’exposer directement aux effets des entités radioactives, ce qui n’est pas sans rappeler certaines performances artistiques sadomasochistes de Rocío Boliver, ou les engagements scientifiques extrêmes de Johann Wilhelm Ritter (Mourier, 2015)15. Le jour où les objets ne fonctionneront plus, ils deviendront des lieux de mémoire. Puis, lorsque l’Homme sera prêt à tirer parti de ces ressources en puissance, leur accès sera facilité, et la distribution des entités à la surface du globe limitera leur dangerosité. Cette piste de travail semble être décalquée sur un extrait du dernier ouvrage de Timothy Morton : « Let’s get small pieces of plutonium, store them in a way that we can monitor them, and encase them in a substance that will not leak radiation, aboveground, so you can maintain the structure and so that you can take responsability for it […] Let’s put these structures in the middle of every town square in the land. One day there will be pilgrimages to them and circumambulations. A whole spirituality of care will arise around them » (Morton, 2016 : 161).

Pour se développer, l’anthropos utiliserait un réseau énergétique plus intelligent. C’est ce qui est révélé lors de la fouille archéologique cannoise. Le smart grid est un réseau de distribution d’électricité utilisant des technologies informatiques d’optimisation de la production, de la distribution et de la consommation. Pour réguler le développement du réseau énergétique, les étudiants proposent un réseau social de l’énergie. Ce site internet réunirait fournisseurs d’énergie, entreprises qui produisent des objets nécessitant une source d’énergie non humaine pour être produits ou pour fonctionner, et utilisateurs. En lieu et place du contrat d’électricité traditionnel, le consommateur aurait la possibilité de choisir son fournisseur d’énergie « en un clic » en fonction de la qualité des projets entrepris sur la radioactivité et l’énergie de manière générale. Dans le cas où les projets conduits par le distributeur n’emporteraient plus l’adhésion de l’utilisateur, celui-ci aurait la possibilité de passer d’un abonnement à un autre instantanément en se rendant sur la page d’un fournisseur d’énergie concurrent. Pour ce qui est des marques, elles auront l’obligation de mettre en place un étiquetage-radioactivité sur les produits de consommation. Cette idée n’est pas sans rappeler l’étiquette-énergie, dispositif introduit en 1992 sur les appareils ménagers, pour informer l’utilisateur des performances énergétiques de sa machine. Un système d’identification des objets permettrait de visualiser par exemple les projets entrepris sur les déchets nucléaires. Une application en réalité augmentée qui fonctionnerait sur le principe de « Pokémon Go » proposerait à l’utilisateur de partir à la recherche des entités émettrices de radioactivité à l’intérieur de son habitat pour réduire son empreinte radioactive. Chaque acteur aurait tout intérêt à développer des initiatives artistiques et scientifiques innovantes pour emporter l’adhésion du consommateur. La radioactivité n’est pas un phénomène endémique à la production ou consommation d’électricité. Il s’étend par exemple à l’agrochimie avec la production des engrais phosphatés émetteurs de radioactivité. Ainsi, une boîte de pâtes alimentaires serait également pourvue d’une étiquette-radioactivité. Le projet pourrait également être étendu à tout type de rayonnement comme ceux émis par les téléphones portables ou les lampes fluocompactes. La création de ce réseau social de l’énergie est une opportunité d’émulation industrielle, et un ressort pédagogique qui permettrait au consommateur de prendre sa part de responsabilité en visualisant ce qui était jusqu’alors invisible. D’un point de vue ontologique, cette intégration des entités radioactives autrefois clandestines faciliterait la lecture des comportements de l’anthropos.

Un remake de « Jack and the Beanstalk », un programme des Nations Unies qui feraient croire à une fin du monde imminente suite à un piratage mondialisé de tous les centres d’enfouissement, un programme de l’Organisation mondiale de la Santé qui exigerait l’implantation d’une puce qui réagirait à toute exposition directe ou indirecte à la radioactivité en déclenchant de puissantes migraines, une mégastructure en nanotubes de carbone qui servirait de rampe de lancement aux déchets nucléaires dans l’espace au risque de créer une entité encore plus puissante et étendue que l’anthropos comptent parmi les autres pistes de réflexion proposées par les étudiants de The SDS pendant cet atelier.

Cette publication a pour ambition principale de révéler le potentiel pédagogique de ce type d’initiative dans un contexte universitaire, celui de l’UCA, qui favorise l’interdisciplinarité. Une démarche créative doit s’affranchir de toute censure, et bien que certaines pistes tracées par les étudiants soient du domaine de la science-fiction, elles font émerger des axes de travail innovants et prometteurs. L’exercice démontre la force de proposition de 25 étudiants en innovation durable plongés méthodiquement dans un contexte extrêmement complexe pendant une courte période. L’obscurité de cette problématique mondiale doit encourager les établissements spécialisés à s’entourer d’établissements non spécialisés dont la « direction artistique » serait confiée aux designers en innovation durable.

Enfin, cette publication illustre un pan du « design de l’être16 », méthodologie d’innovation durable en cours de conception avec le support de The SDS, du LAPCOS (Laboratoire d’Anthropologie et de Psychologie Cognitive et Sociale), de l’UCA et de la maison Hermès. Ce travail de recherche a été inspiré par le projet Art Across Frontiers17.


  1. Cette expression fait allusion à la mention clichée « x is the new black », qui fait référence au noir comme couleur indémodable, exactement comme le cliché du vert indémodable, « couleur moyenne » de la nature, associé à l’écologie.
  1. La bande dessinée « Two Rocks Converse » de Tom Gauld met en scène une courte conversation entre deux roches dans un décor qui illustre six grandes phases chronologiques de la vie de la Terre.
  1. Dans une entrevue diffusée sur France Inter le 2 janvier 2017, Michel Serres associe l’artefact nucléaire à un monstre : « La science qui était considérée comme tout bonne et seule bonne avait tout à coup accouché de ce monstre-là. […] J’ai quitté la marine pour faire de la philosophie parce que je suis, d’une certaine manière, un enfant d’Hiroshima ». Pour Timothy Morton, un monsterest une forme de vie qui prend l’apparence d’un phénomène parce qu’il évolue à une échelle temporelle radicalement différente de celle de l’humain. Cette définition s’applique notamment aux entités radioactives.
  1. Le phosphate est une roche sédimentaire issue de l’accumulation de déchets sous-marins. À l’état naturel, l’élément phosphore nécessaire pour la fabrication des engrais chimiques ne se retrouve que sous forme de phosphate. Le phosphate n’existe pas à l’état pur, il est associé à des substances telles que l’uranium. Ainsi, en Allemagne, 114 tonnes d’uranium sont déversées dans les champs chaque année, une quantité potentiellement suffisante pour fournir en électricité deux millions de ménages allemands (SCHWARZ C., WEINGÄRTNER M., L’épuisement du phosphore ? – vers une famine mondiale, Arte, 2016). De plus, d’après l’IRSN (Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire), Il est à noter la présence de polonium 210 dans les feuilles de tabac du fait de l’utilisation d’engrais phosphatés par les cultivateurs qui explique la présence de ce radioélément dans la fumée de cigarette et dans certains organes.
  1. D’après une étude du CRIIRAD (la Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la RADioactivité), les champignons de Rhône-Alpes sont porteurs de traces de césium 137, provenant de la catastrophe de Chernobyl et des essais nucléaires des années 1950-1960.
  1. D’après la Fondation de la Haute Horlogerie, le tritium est l’appellation donnée à la matière radioluminescente, contenant un isotope radioactif de l’hydrogène, déposée sur des éléments de l’affichage des instruments horaires pour permettre leur lecture dans l’obscurité.
  1. Dans l’émission « Le dessous des cartes – 2037, un monde décarboné ? » diffusée sur Arte en 2016, Jean-Christophe Victor explique les conséquences de la montée en puissance de l’énergie nucléaire dans le mix énergétique de 2037.
  1. Edgar Morin invite le lecteur à considérer l’humanité dans sa nature « trinitaire », puisque chacun est à la fois un individu, un être social et une partie de l’espèce humaine.
  1. Une murmuration est une agrégation d’étourneaux, un phénomène qui se produit dans toute l’Europe entre novembre et février, au crépuscule. Une hypothèse est que ces nuées permettraient de créer des superorganismes afin de collecter plus efficacement l’information et d’accroître la survie des individus.
  1. Ce terme est repris de la conférence présentée par Viktor Frankl au Troisième Congrès Mondial de Logothérapie, à l’Université de Regensburg, en Allemagne de l’Est, en juin 1983.
  1. Cette citation est extraite d’un essai de Michael Chabon pour le compte de la fondation « The Long Now ». Il s’agit d’une institution établie en 1996, en charge de développer des projets qui s’étendent sur une échelle de temps de l’ordre d’une dizaine de milliers d’années.
  1. Une forme de vie est un assemblage de formes de vie (bactéries, microbes, etc.) et de formes de non-vie (eau, minéraux, etc.). Timothy Morton utilise le terme de strange stranger (Morton, 2012), semblable à l’arrivant de Derrida, le mystérieux étranger qui rejoint le rivage – semblable à l’autrui de Levinas – dont le visage est l’étrange préambule d’une aventure sociale.
  1. Le préfixe hyper- fait référence au concept d’hyperobject développé par Timothy Morton en 2013. Il s’agit d’un objet massivement distribué dans le temps et l’espace tel que le réchauffement climatique ou le plutonium radioactif.
  1. Il s’agit de la définition qui est faite d’une Expo sur le site internet du Bureau International des Expositions (http://www.bie-paris.org/site/fr/les-expos/a-propos-des-expos/qu-est-ce-qu-une-expo).
  1. Rocío Boliver est une artiste mexicaine. Dans la performance « Balancing on the Edge/Age » réalisée à la Defibrillator Performance Art Gallery de Chicago en 2014, celle qui est surnommée la Congelada de la Uva et une complice d’origine espagnole Begoña Grande, mettent en scène un ballet sanglant à coup de fils de pêche déployés entre les deux corps, et accrochés aux différents segments mobiles (visage, jambes, buste, etc.). Pour l’artiste, « le traitement symbolique du corps profane semble être une manière de détourner les standards de la société de consommation, le corps féminin soi-disant parfait, pour répondre à ceux-ci par une vision d’horreur » (Simard, 2015). Johann Wilhelm Ritter, physicien à qui l’on doit la découverte des ultraviolets étudia les effets de l’électricité en connectant une pile à différentes parties de son corps. Ainsi, il électrifia sa langue, ses yeux et ses parties génitales. Bien qu’il eût déclaré vouloir épouser sa pile, l’accumulation de ces expériences d’auto-stimulation électrique altéra sa santé. Ses yeux s’infectèrent, il eut des spasmes et des migraines, sa langue perdit temporairement sa sensibilité, et le courant paralysa un de ses bras pendant toute une semaine.
  1. Le designer de l’être conçoit l’objet comme un artefact géographique, comme un produit hybride, ni naturel ni artificiel, et visualise son processus de fabrication étendu à la planète entière à l’aide d’un outil cartographique inspiré de certaines cosmologies “sauvages”.. Son cahier des charges « réaliste » où l’Homme n’est plus au centre, mais au cœur du projet, prend en compte les agents humains et non humains, c’est-à-dire toute entité pourvue d’une capacité à agir sur l’écosystème par le biais de sa trajectoire.
  1. Art Across Frontiers est une organisation à but non lucratif qui réalise des collaborations artisanales interculturelles entre l’Himalaya et le Pays-Basque. L’objectif de l’organisation est de prendre soin des savoir-faire en voie de disparition en les associant à des techniques artisanales davantage sollicitées.

  1. BACHELARD G., L’eau et les rêves : essai sur l’imagination de la matière, Corti, Paris, 1942.
  2. BENETT J., Vibrant Matter: a political ecology of things, Duke University Press, Durham, 2009.
  3. BRYANT L., The democracy of objects, Open Humanity Press, Londres, 2011.
  4. COSSET J.-M., HUYNH R., La fantastique histoire du Radium : quand un élément radioactif devient potion magique, Ouest-France, Rennes, 2011.
  5. LATOUR B., « Esquisse d’un parlement des choses», Écologie & Politique, n°10, 1994 : 115.
  6. MORIN E., Penser global : l’humain et son univers, Laffont, Paris, 2015.
  7. MORTON T., Dark ecology: for a logic of future coexistence, Columbia University Press, New York, 2016.
  8. MORTON T., Hyperobject: philosophy and ecology after the end of the world, University of Minnesota Press, Minneapolis, 2013
  9. MORTON T., In the nutshell, http://rorotoko.com/interview/20100430_morton_timothy_on_the_ecological_thought, 2010.
  10. MORTON T., The ecological thought, Harvard University Press, Cambridge, 2012.
  11. MOURIER D., dans BAUD P. (dir.), Axolot : histoires extraordinaires et sources d’étonnement, vol. 2, Delcourt, Paris, 2015 : 62.
  12. ONFRAY M., Le recours aux forêts : la tentation de Démocrite, Galillée, Paris, 2009.
  13. SIMARD M., « Mort et sacrifice dans la performance féministe ibéro-américaine : œuvres d’Ana Mendieta et de Rocío Boliver », Amerika [en ligne], n°12, 2015.
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